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Enseignement, formation et recherche
Myriam Huet, directrice de l’Agrocampus Bordeaux-Gironde
À la tête de l'Agrocampus Bordeaux-Gironde depuis 2025, Myriam Huet dirige un établissement de plus de 370 agents, répartis sur six sites. Un métier qui conjugue des responsabilités stratégiques, managériales, administratives et financières, qu'elle compare volontiers à celles d'un « chef d'entreprise » du service public.
Du conseil de gestion à la direction d’établissement
Issue d’un milieu rural, Myriam Huet se tourne très tôt vers le secteur agricole. Après quelques années dans le conseil de gestion auprès des viticulteurs du Maine-et-Loire, elle rejoint l’enseignement agricole comme formatrice en Alsace. Titulaire d’un BTS agricole à son arrivée, elle poursuit parallèlement à ses fonctions une formation d’ingénieure en cours d’emploi pendant cinq ans.
« L'agriculture fait partie de mon ADN. J'ai toujours été attirée par ce secteur, mais aussi par la transmission. L'enseignement, c'est la relation à l'autre et la façon dont on accompagne chacun dans sa progression. »
- Directrice de l'Agrocampus Bordeaux-Gironde
Cet intérêt pour la transmission et l’accompagnement des personnes la conduit progressivement vers l’encadrement puis la direction d’établissement.
Pendant près de quinze ans, elle occupe un poste de directrice adjointe au sein d’un centre de formation continue avant d’accéder, en 2011, à son premier poste de directrice d’EPLEFPA à Belfort. Elle exerce ensuite ces mêmes fonctions à Carcassonne puis à Saintes, avant de rejoindre l’Agrocampus Bordeaux-Gironde en 2025.
Piloter un établissement aux multiples missions
Réparti sur six sites, l’Agrocampus Bordeaux-Gironde rassemble quatre lycées, trois exploitations viticoles, un CFA, un CFPPA et plus de 370 agents. Une diversité de structures, d’activités et de métiers qui fait toute la richesse de l’établissement, mais aussi toute la complexité de son pilotage.
« Un EPL, c'est un établissement qui réunit plusieurs centres, plusieurs métiers et plusieurs missions. Tout l'enjeu consiste à donner de la cohérence à cet ensemble. »
- Directrice de l'Agrocampus Bordeaux-Gironde
Enseignants, formateurs, personnels de vie scolaire, équipes administratives, techniques ou encore équipe de direction : le rôle de la directrice consiste à fédérer ces équipes aux métiers et expertises variés autour d’un projet commun et à donner du sens à l’action collective.
Un métier de « chef d’entreprise » du service public
Pilotage budgétaire, stratégie de l’établissement, dialogue social, gestion des ressources humaines, accompagnement des équipes de direction ou encore relations avec les partenaires du territoire : les dimensions du poste sont nombreuses et exigent une vision globale de l’établissement.
« Nous disposons d'une réelle marge de manœuvre dans les établissements agricoles. Il faut savoir où l'on veut aller, définir une stratégie et prendre les décisions qui permettront de la mettre en œuvre. »
- Directrice de l'Agrocampus Bordeaux-Gironde
Cette autonomie constitue l’une des spécificités de l’enseignement agricole. C’est ce qui conduit Myriam Huet à comparer volontiers ses fonctions à celles d’un « chef d’entreprise », tout en rappelant l’attachement aux missions de service public qui fondent son engagement. « Nous sommes un peu des chefs d’entreprise, mais au service d’une politique publique et d’un collectif. C’est ce qui donne du sens à nos missions. »
Sa vision du management
Après plus de trente ans d’expérience professionnelle, Myriam Huet a acquis une conviction : on ne devient pas manager en appliquant une méthode ou un modèle unique. Le management se construit progressivement, au fil des expériences, des erreurs et des rencontres.
« On manage avec ce que l’on est. On ne peut pas s’inventer un personnage parce qu’on devient directeur. Finalement, on essaie de se trouver comme manager. »
Avec l’expérience, Myriam Huet a appris qu’il est essentiel de prendre le temps de construire des repères communs et de rendre explicites les modes de fonctionnement de l’équipe.
« On pense souvent que sa façon de travailler est évidente. En réalité, il faut prendre le temps de se demander comment nous, en tant qu’équipe, allons travailler ensemble. »