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Agriculture, alimentation, territoires et forêt
Agnès Olivier, instructrice aides surfaciques PAC à la DDT25
Chaque année, quelque 2200 exploitations agricoles du Doubs déposent une déclaration au titre de la politique agricole commune (PAC). À la direction départementale des territoires (DDT) du Doubs, Agnès Olivier accompagne les agriculteurs dans leurs démarches et instruit leurs demandes d’aides. Un métier qu’elle exerce depuis 26 ans et qu’elle a vu se transformer au fil des réformes et des nouveaux outils, tout en conservant une dimension essentielle : la proximité avec les exploitants.
Des aides au plus près des réalités du territoire
Droits à paiement de base (DPB), écorégime, aides à l’agriculture biologique ou aux jeunes agriculteurs, indemnité compensatoire de handicaps naturels (ICHN), mesures agro-environnementales et climatiques (MAEC)… Au sein du service Économie agricole et rurale (SEAR), Agnès Olivier instruit différents dispositifs, selon les caractéristiques et l’activité de chaque exploitation.
Dans le Doubs, ces aides prennent une couleur particulière. Département de moyenne montagne, fortement marqué par l’élevage bovin laitier et les exploitations herbagères, le territoire compte notamment une importante production de fromages sous appellation d’origine protégée, comme le comté ou le morbier. L’ICHN permet ainsi de compenser en partie les contraintes naturelles auxquelles sont confrontées certaines exploitations.
D’autres aides répondent davantage aux enjeux environnementaux : l’écorégime valorise certaines pratiques favorables à l’environnement, tandis que les MAEC ciblent des enjeux plus localisés, notamment autour des zones de captage d’eau ou sur certains sites Natura 2000, dédiés à la préservation de la biodiversité.
Au rythme des campagnes PAC
Si Agnès Olivier exerce le même métier depuis de nombreuses années, son activité, elle, évolue au rythme de la campagne PAC.
« Nous fonctionnons par campagne. Chaque nouvelle campagne, c’est un peu comme si l’on repartait de zéro. C’est aussi ce que j’apprécie dans ce métier : ce n’est jamais monotone. »
- Instructrice aides surfaciques PAC à la DDT25
L’activité s’intensifie dès le mois de mars, avec des réunions organisées dans le département pour présenter aux agriculteurs les évolutions de la réglementation. D’avril à mai vient la période de télédéclaration : sur Télépac, les exploitants renseignent leurs parcelles et les cultures qui y sont implantées, puis sélectionnent les aides qu’ils souhaitent solliciter. Certains font appel à la DDT pour les accompagner dans cette démarche.
De juin à septembre se concentre la principale phase d’instruction. L’équipe permanente, composée de sept agents, est alors renforcée par plusieurs vacataires. « C’est une période particulièrement animée, qui donne aussi une autre dynamique au travail en équipe. Certains vacataires reviennent d’ailleurs deux ou trois années de suite », souligne Agnès Olivier.
L’enjeu : instruire un maximum de dossiers avant le versement d’un premier acompte à partir de la mi-octobre. Depuis la réforme de la PAC de 2023, les exploitants disposent par ailleurs d’un « droit à l’erreur », qui leur permet de modifier leur demande jusqu’en septembre.
Des outils qui évoluent, un accompagnement qui demeure
En 26 ans à la DDT du Doubs, Agnès Olivier a vu son métier se transformer. Lorsqu’elle rejoint le service comme vacataire en 2000, les dossiers PAC sont encore déposés sur papier. Après avoir passé les concours de la fonction publique (adjoint administratif puis secrétaire administratif), elle poursuit dans ce domaine et accompagne progressivement sa numérisation. Depuis les années 2010, les démarches s’effectuent entièrement en ligne sur Télépac, à partir notamment d’un registre parcellaire graphique reposant sur des photographies aériennes.
Plus récemment, images satellites et intelligence artificielle ont fait leur apparition pour comparer les cultures déclarées avec celles observées sur les parcelles. En cas d’incohérence, la DDT reste toutefois l’interlocuteur de proximité pour expliquer le signalement à l’agriculteur et l’accompagner dans les éventuelles modifications à apporter.
« J’apprécie d’être en contact avec des interlocuteurs différents. Nous échangeons beaucoup avec les agriculteurs, mais aussi avec l’Agence de services et de paiement (ASP), les organismes de services ou encore les autres services de la DDT. C’est un métier où l’on a besoin de communiquer. »
- Instructrice aides surfaciques PAC à la DDT25
Une proximité qui nourrit aussi son sentiment d’utilité.
« Une déclaration demande de la vigilance : un oubli peut avoir des conséquences importantes. C’est aussi ce qui me donne le sentiment d’être utile auprès des agriculteurs », conclut-elle.